Une psychotique chez les névrosés

26 octobre 2011

Corpore non sano

Comment vivre avec un corps qui change? La question peut sembler bizarre. Tout le monde change en vieillissant. C'est connu. Il y a bien des gens qui le vivent mal et qui y répondent par le bistouri, une nouvelle compagne ou une crise existentielle. Mais quand le corps change hors des normes habituelles? Quand les deux problématiques s'imbriquent, celle du handicap et celle du vieillissement. Quand les choses ne sont pas fixes mais floues. Qu'en découvrant son corps tous les matins, on découvre aussi une nouvelle incapacité. Quand la fatigue devient impossibilité, comment vit-on?

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10 septembre 2011

Le sens du vent

Elle pleure silencieusement. Il y avait si longtemps qu'elle n'avait pas pleurer. Elle ne comprend pas. Elle a l'impression que même une injustice serait plus tendre. Alors elle pleure. De rage, de douleur, de désespoir, d'amertume mais aussi de fatigue. Elle voudrais être ailleurs mais ailleurs la douleur serait encore là, la réalité aussi. Rien ne change avec la distance si ce n'est l'énergie mis dans le parcours.

Ils la regardent désarmés. Comment une simple remarque sur son silence peut-elle avoir déclencher une réaction si brutale, si soudaine. Elle, habituellement si joviale, si souriante, si énergique, toujours prête à écouter, toujours à relativiser les drames petits ou grands, la voilà maintenant effondrée sans prévenir. Rien qu'un torrent de larmes et toujours aucune explication. Comme s'il n'y avait pas d'autre raison que cette remarque, presque bienveillante, sur le ton de la plainsanterie alors qu'elle revassait devant son verre.

Pleurer lui a fait du bien. La douleur est encore là, comment pourrait-elle disparaître en cinq minutes mais elle est différente. Alors doucement elle parle. Pas d'elle parce que parler de soi est tellement dérisoire. Elle parle d'Eux même si elle sait qu'intrinséquement elle en fait partie. Elle parle de ceux qui se sont trompé de chemin, de ceux qui se sont égarés mais pas seulement psychiquement, de ceux qui y pris la route à défaut de trouver leur voix. Elle parle de ce quotidien qui n'en est plus un où les jours de pluie deviennt des mois et les rayons de soleil des cadeaux précieux. Mais ce n'est pas le plus important. Ce n'est qu'un passage, une transition plus ou moins longue. Elle parle ensuite du retour. De l'impression constante que cela ce voit, que c'est imprégné partout, que jamais cela ne disparaitra, que tout le monde le sait instinctivement, que jamais le regard des passants ne changera. Qu'il y aura toujours soit le mépris soit la pitié au fond des yeux de ceux qui leur parle et l'impression d'être pire que transparent pour les autres. Alors il faut lutter non pas pour ce que tout le monde pense mais pour continuer, lutter pour ne pas faire marche arrière, lutter pour se dire que ce n'est qu'une impression, que ce n'est qu'un mauvais moment à passer, que le pire n'est pas à venir, lutter pour ce qui semble naturel. Et même des années après il faut lutter. Pour ranger ses affaires dans des placards et pas dans des sacs, pour posséder plus de deux patalons et cinq T-shirts, pour faire des courses pour plus de deux jours et ne pas se cacher derrière des excuses tel que la praticité, le refus de la société de consomation ou la proximité des magasin. Elle leur dit aussi sa peur et sa frustration, son impression que cette erreur initiale est une tâche indélébile qui les condamne tous à la malchance et à la galère malgré toute l'energie et la volonté qu'ils pourront déployer. Quand bien même ils se trouveront un travail, un logement, un conjoint, feront des enfants, s'engageront pour toutes les causes possibles et imaginable, toujours la vie les ratraperat. Et s'il y en a un a frapper ce sera l'un d'entre Eux surtout s'ils ont l'outrecuidance de croire au bonheur, d'être heureux tout simplement. Elle leur parle de tout ça mécaniquement, hésitante au début, comme pétrifié puis comme libéré, les mots sortent tous seuls comme un flot trop longtemps retenu. Elle n'espère pas qu'ils comprennent. Elle veut juste le dire. Pour que ça devienne un peu réel, pour qu'on ne l'oublie pas.

Ils l'écoutent jusqu'à la fin sans rien dire. Et lorsqu'elle a finni le silence se fait. Certains semblent déstabilisés. Dans le regard d'autre, il y a la pitié. Puis viennent les arguments pragmatiques. La hasard par définition ne frappe pas certains plus que d'autres. La malchance n'a rien à voir la-dedans. Peut-être il y a-t-il une façon différente de voir les choses, de faire attention aux détails voire même une conscience altéré du danger mais ce n'est certainement pas du hasard.

Elle écoute d'une oreille. Elle est vidée. Pas apaisée mais épuisée.Qu'importe tous les arguments de la terre, qu'importe leur vision étriquée, qu'importe qu'ils n'aient pas entendu, elle l'a dit. Elle l'espère que où qu'elle soit elle l'ai entendu. Elle sait qu'elle partagerait surement son opinion. Elle voudrais lui dire Adieu mais comment faire avec quelqu'un qui n'est plus là. Elle sourit de cette absurdité. Elle ne se sont jamais dit Au revoir de leur vie. Alors pourquoi vouloir se dire Adieux maintenant. Elle laisse le débat sur ce sujet s'éteindre tout seul. Elle parle un peu d'autre chose. De choses importantes mais qu'Ils arrivent à concevoir. Peut-être qu'un jour ils soulèveront un coin du voile et qu'enfin ils arreteront de tout nier en bloc parce que ça les bouscule trop dans leur quotidien, dans leur façon de vivre, dans leur certitude. Elle espère pour Eux, pour tous ceux qui ont encore le chemin à parcourir et qui n'en ont pas encore trouver la force de ce combat quotidien, pour qu'on leur facilite la tâche plutôt que de la leur compliquer. L'espoir pour Tous, plutôt que pour soi. Oui, ça elle peut y croire. Ca ne dépent ni du hasard, ni des statistiques. Juste du sens du vent...

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30 août 2011

Reminiscence

Peut-on se tromper du tout au tout? Peut-on réellement croire qu'un évenement n'a pas d'importance alors que tout le monde vous dit le contraire? Et peut-on découvrir au hasard d'un rêve bizarre que finallement ce qui n'a pas d'importance a a plus que prévue? Je me pose beaucoup de question en ce moment. Peut-être trop... Mais c'est vrai que j'ai besoin de réponse et que si je ne les cherche pas moi même, il est peut probable que je les trouve. Mais cette piste là, je ne m'y attendais pas. Je crois que la colère est profonde et bien plus facile à dissimuler sous l'apparence de l'indifférence qu'à exprimer. Je comprend toujours assez mal la différence entre les sentiments si ce n'est entre "bons" et "mauvais". Mais après au sein de ses deux catégories, c'est un peu flou. J'aimerai que ce soit aussi simple que ça en à l'air pour les "autres" mais chacun ses problèmes après tout...

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05 juin 2011

Ailleurs

Avec l'été précoce, je cours la montagne dès que je peux. Souvent le vendredi soir après le boulot, je prend mon sac à dos, quelques provisions, mon duvet et je ne réapparait que le dimanche soir. J'ai toujours aimé la solitude et dormir à la belle étoile. Et là-haut dans les alpages, je me sent vraiment en harmonie enfin calme. Le flot constant qui agite mon cerveau passe du torrent à un léger filet. Seul ne compte plus que l'instant et l'itinéraire où qu'il mène.

Mais je vois les regards chargés d'inquiétudes. Courir seule la montagne sans prévenir est au mieux inconscient au pire suicidaire et je comprend que mon récent changement d'attitude ne soit pas sans poser quelques interrogations. je n'ai pas envie de parler. De toute façon, je sais qu'ils sont au courant. Dans la vallée, tout se sait. Le secrêt qu'il soit médical, judicaire ou de tout autre nature ne se mesure qu'au délai de propagation plus ou moins long de la nouvelle en question et de ses éventuelles variantes. Je n'ai pas envie de parler et je n'ai encore moins envie d'écouter. C'est ma vie, je suis adulte depuis longtemps maintenant. Pourquoi suis-je pourtant beaucoup moins reconnu en tant que tel que d'autre.

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24 février 2011

Année

Il y a des jours où quand j'ouvre ma banette, je me dis que j'aurais mieux fait de rester dans mon lit, soit parce qu'elle est trop pleine soit parce qu'elle est trop vide. Ce matin ce n'était pas trop la hauteur du remplissage qui m'a posé problème mais l'un des papiers qu'elle contenait. Il s'agissait d'une fiche de renseignement destiné a un stagiaire ergothérapeute. Linfirmier coordinateur étant absent la matinée, j'ai passer la matinée a me demander ce que c'était que ce truc et a me dire que j'allais lui sauter dessus dès son arrivée ce que j'ai fait.

Il m'a expliqué que le directeur et lui avait signer une convention de stage pour un mois pour une stagiaire ergo. Ca m'a surpris parce que je lui avais clairement exprimé mon refus d'en prendre pour l'instant mais il parait que c'est une fille de la vallée et qu'on ne refuse rien a une enfant de la vallée (ce qui techniquement n'est pas faux...). Mais ce qui m'a le plus perturbée c'est quand il a ajoutée avec un sourire c'est qu'il commençait à me connaître et qu'il n'oubliait pas mon Cv et que si ça pouvais m'aider à passer le cap de l'année dans un poste, ce ne serait que du bonus.

Sur ce point il a raison, mon "record" dans un poste est de 11 mois et quinze jours. Et maintenant que le convention est signée, soit on l'annule très rapidement histoire que l'étudiante puisse se retourner soit faudra bien que je sois présente pour m'acceuillir puisque je suis la seule ergo. Ce qui forcément fera qu'à la fin du stage je serais dans le poste depuis un an et une semaine. Deux défis à la fois, je suis pas sûre que çe soit une bonne tactique... Mais bon, il paraît qu'il faut que j'apprenne à faire confiance, autant à moi qu'aux autres d'ailleurs. Et puis comme je n'ai pas regarder les annonces d'emploi depuis ma prise de poste, le coups des un an, moi , ça m'angoisse pas. Reste donc a s'occuper de cette jeune fille.

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19 février 2011

Géria Wiithérapie

Le Monde a publier cette semaine un article intéressant sur l'utilisation en psychiatrie du jeu vidéo. Cet article fait écho a un certain nombre de questionnement auquel je fais face actuellement mais également dans mon poste précédent. Dans la maison de retraite où je travaillais précédemment, j'avais deux ateliers Wii en groupe un pour les résidents présentant des risques de chute mais sans trouble cognitif et l'autre pour les résidents présentant des troubles cognitifs mais sans (trop de) risque de chute. Les deux groupes avaient des objectifs différents ce qui expliques les populations différentes. Mais bien que j'ai beucou fait de pédagogie sur ces groupes, je savaient que la vision principale des équipes restaient que j'aimais jouer au jeux vidéo (ce qui est vrai) et que ça me permettaient de me faire plaisir deux après midi par semaine (ce qui est très faux parce que tout ceux qui ont déjà animer un atelier sur un médiateur qu'ils aiment savent que faire tous seul et animer c'est très différent parce que quand on anime, on a pas vraiment le temps de faire). Cette difficulté était prégnante quand je venais dans les étages pour chercher les résidents et que je devait opposer des refus aux équipe qui me "suggerais" tel ou telle personne qui "s'ennuyait" pour mon atelier sauf que la personne en question ne correspondait pas du tout à la population ciblée. Mais si ces ateliers n'étaient que peu compris, ils étaient plus tolérés que celui que j'ai mis en place un peu avant de partir et beaucoup plus ciblé psychogériatrie. Lors d'une formation sur la méthode Montessori, la formatrice avait beaucoup insisté sur la mise en place de petits ateliers de gestion de l'agressivité tel que frapper dans des coussins, crier sur des silhouettes en papier, jeter des objets sur des cibles... Disons que ça a fais tilt dans ma tête et que je me suis dit pourquoi taper dans un coussin sans rien dire? Moi ça ne m'intéressait pas. Certes ça fait retomber l'agressivité de la personne mais ça ne l'aide pas a ce que cette agressivité ne remonte pas. Du coups, j'ai choisi de détourner le concept. Pour trois résidents qui présentaient régulièrement des périodes dégressivités j'ai commencer a leur proposer une fois par semaine des séances de boxe sur la Wii. Le principe de la séance était simple : rappel de l'objectif, du cadre et des règles puis 5 minutes de jeu et enfin 5 minutes (minimum mais sans maximum) de discussion sur son ressentis. Au début j'ai penser que les résidents auraient beaucoup de mal a intégrer le principe car il est loin d'être simple même pour une personne saine de boxer sur la Wii. Mais de façon surprenante, les réticences sont venus principalement de la direction et de l'équipe infirmière. La boxe reste dans l'imaginaire un sport sulfureux dont l'intérêt est principalement la réinsertion de certains délinquants. Bien sûr s'encanailler dans son salon avec ses amis à jouer à la boxe, se prendre pour dieu à Civilizations devant son PC ou carrément pour un tueur à Assasin Creed est toléré pour peu que l'on soit un mâle de moins de trente ans. Mais pour une personne âgée même dans un cadre particulier avec un thérapeute à coté, apparemment ça reste pour beaucoup intolérable. Souvent il m'a été dit que le rique était que la personne confonde le réel et la fiction. J'ai beaucoup de mal avec cet argument. L'apparition des écrans et donc de la fiction commence a être ancienne. Le cinéma a un siècle, la télévision plus de soixante dix ans. Même si ses inventions se sont démocratisé lentement au départ, il y a un moment que la quasi totalité des foyers français sont équipés. Nos anciens sont donc loin d'être hermétique aux écrans et aux fictions visuelles. L'autre argument est que frapper dans un coussin est différent de frapper dans un humain. Je ne sais pas si ceux qui m'ont sortis cet argument ont déjà regarder de près un humain  vu par Wii Sport mais ça ressemble plus a un télétubies qu'à un humain. La chose a des trou à la place des articulations entre les différentes parties du "corps" qui sont en fait des patatoïdes (un par membre plus un pour le corps et un pour la tête), des expressions faciales figées et très limités (neutre, vainqueur ou blessé) et une différentiation sexuelle pour le moins approximative. Je ne crois pas qu'il puisse y avoir confussion même avec une DMLA sévère, une cataracte avancée ou une astigmatisme violent. Alors dans ce cadre, je me demande qui confond la fiction et la réalité parce que la réalité c'est que avec la Wii on ne tape dans pas un humain mais dans le vide. Après c'est vrai que cette "expérience" ne s'est menée qu'avec trois résidents et sur deux mois alors il est difficile d'en tirer des conclusions. Mais j'ai pas mal appris quand même. D'abord que porter un projet même si on est convaincu (et comme le dis l'un des médecins interviewer) c'est épuissant et c'est ce qui explique que je n'ai pour l'instant pas reproduit bien que j'en aurait les moyens (j'ai des ateliers Wii en groupe dans mon nouveaux postes, on ne change pas une équipe qui gagne...). Ensuite que comme tous les ateliers un peu "casse gueule", ils ont besoin de temps pour s'imposer dans le paysage et les usages mais aussi pour en voir les résultats. Il vaut mieux être sûr d'avoir du temps et de la capacité d'investissement devant soi (bref éviter d'être aussi imprévisible que moi...). 

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14 janvier 2011

A stagiaire, stagiare et demi ?

Mon directeur et l'infirmier coordinateur souhaite que j'accueille des stagiaire à l'EHPAD (et oui, je grandis, j'ai plus de 3 ans d'expérience maintenant). Je ne sais pas si c'est une bonne idée. Je ne sais pas si je suis une bonne ergo. Mes anciens collègues me le disaient, me nouveaux me le disent. Mais ils ne sont pas ergo. Et puis je ne sais pas, je le sent pas. Qu'est ce que je fais si je tombe sur moi en plus jeune? Je lui conseille de tenir jusqu'au DE en se taisant et de continuer ses études jusqu'à se sentir prête? Je lui valide pas son stage? J'appelle son école pour leur dire qu'ils ont un problème capable de se planquer au fin de la salle de façon complétement adapté?
Et je lui donne quoi à faire? En dehors de mes ateliers, mon activité n'est pas vraiment prévisible. L'ergo précédent m'a laisser une maison en bon état général. Le parc de fauteuil est plus que suffisant et chaque résident qui en a besoin a son installation personnalisée. A moins qu'un résident entre ou qu'un autre ai une aggravation de son état, il n'y a pas grand chose à faire de ce coté là. Les équipes prennent soin du matériel et il est très rare qu'il y ai des inversions de fauteuils. et je ne crois pas que les quelques resserrages d'écrou et autres réparations de base soient réellement passionnante ou même informative pour un stagiaire. Pour les installation au lit, la situation est la même. Je ne dit pas que je n'ai pas de travail et que je m'ennuie. Je dit juste que je ne suis pas sûre d'avoir de quoi occuper sereinement un stagiaire. Max m'avais dit qu'un stagiaire représentait à peu près un demi poste (en fait plutôt les 3/4 parce qu'il occupe aussi 1/4 au moins du temps de l'ergo qui l'encadre). Peut-être que je me trompe et qu'en fait, il suffirais que je choisisse de "faire plus" mais l'équipe est fournie (1ETP de psychologue, 1/2 ETP de psychomotricien, 2 ETP d'animateur, 2 ETP de kiné, 4 ETP d'AMP) alors rajouter des ateliers est un peu compliqué et pas forcément nécessaire à mes yeux. La stimulation est une bonne chose mais n'en déplaise aux familles qui adorent voire leur résident "occupé", la sur-stimulation est au moins aussi néfaste que la sous-stimulation.
Et résumé, l'activité d'un ergothérapeute en EHPAD à des ateliers quelque soit leur type est franchement réductrice. Le problème des prise en charge individuelle que je fais est que j'aurais du mal à les "transmettre" à un stagiaire. La particularité des prises en charges en EHPAD se font sur la durée et beaucoup sur l'affectif. C'est parce qu'une personne me vois tous les jours pendant des semaines, que je la salue, que je discute avec elle que le travail sur la toilette, sur la sécurité des transferts, sur les repas va pouvoir se mettre en place. Et ce n'est pas en deux mois que ce travail va être possible. En centre, c'est plus facile. Les patients sont prévenus qu'ils sont là pour la rééducation et qu'ils n'auront pas le choix de qui va les prendre en charge. Mais en EHPAD, les résidents ne sont pas là pour espérer la moindre amélioration de leur état. Alors, il faut les convaincre que c'est possible, établir une vraie relation avant toute chose. Je suis sûre que c'est quelque chose que j'aurais aimer voir  (et/ou pratiquer) en tant que stagiaire, mais en tant que professionnel, je ne me sent pas prête pour avoir un tiers qui me regarde faire.
Et en même temps, je ne me vois pas faire toute ma carrière sans accueillir de stagiaire. Alors comment on sait que c'est le moment? C'est comme pour être ergo? Ca nous tombe dessus comme une évidence (ce qui voudrais dire que dans mon cas, c'est pas le moment) ou il faut forcer le destin? Ca doit être plus facile quand on est dans une équipe importante mais moi je suis seule ergo, ce qui m'encourage aussi à prendre des stagiaire. Parce que l'avantage d'un stagiaire, c'est qu'il remet les choses en causes (et donc parfois en place) lors que tout seul, c'est pas toujours facile de prendre du recul d'autant plus qu'étant dans un coin assez isolé, je n'ai pas toujours beaucoup de contact avec d'autres ergos.

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18 décembre 2010

Retour aux sources

Les coups de têtes ne meurent jamais.
Au début de l'été j'ai vu une annonce passer. Pourtant je me croyais bien dans ma maison de retraite et dans mon appartement de banlieu. Une équipe dynamique, des projets motivants, l'impression d'être à ma place, presque ma définition du bonheur. Et puis cette annonce est apparu. La maison de retraite de la vallée de mes grand parent cherchaient un ergothérapeute. Et sur un coups de tête j'y ai répondu.

Deux mois plus tard je m'installais (définitivement?) dans la vallée de mes grands parents. J'y est retrouvé leurs amis. C'est étonnant mais ici beaucoup me considère comme une enfant du pays. Il suffit que je dise qui est mon grand père pour que les portes s'ouvrent. Les montagnards sont ainsi. Ils n'oublient jamais et la famille, même si elle se perd en route, reste la famille. J'avais oublier l'âme de ce pays. La partie la plus visible en est les sociétés de guide de montagne mais ceux qui vivent en montagne à l'année le savent. La solidarité n'est pas obligatoire, juste vitale. Quand vous vivez dans une ville de 10 000 habitants ou quand vous vivez dans un village de 40 habitants isolé par la neige une partie de l'année, rien n'est pareil. Ce n'est pas pour ça que la vie est plus compliqué, juste que chacun ne peux pas vivre partout. Certains de mes amis parisiens ont tellement pester la semaine dernière pour quelques malheureux flocons alors qu'eux même n'avaient même pas de pneux neige sur leur voiture que je me dit qu'ils ne pourraient pas vivre ici. Les déplacements se font forcément en fonction de l'état des routes et de ce qu'à prévus la météo, pas juste en fonction de la petite routine de la semaine. J'aime cette vie différente et j'en accepte les contraintes. Je suis sortis faire les courses ce matin mais je sais qu'il n'est pas réaliste de prévoir de bouger cet après midi ou ce soir (ou alors à pied...) ou les samedi qui viennent en raison de l'arrivée des vacanciers dans les stations. Comme je sais que je vais avoir plus de mal à voir mes amis cette semaine. Mes vacances, je vais les passer chez mes parents, loin de la vallée avec un départ et un retour en milieu de semaine comme tous ceux qui le peuvent.

En vivant chez mes parents, j'avais oublier combien j'aimais la neige, ce bruit si particulier qu'elle fait lorsqu'on marche dans la poudreuse, cette luminosité avant le levé du soleil comme si la neige elle même éclairait, l'excitation de la voir tomber et recouvrir les arbres et le sol, la beauté du givre qui se dépose sur les branches et qui semble les figer. J'avais oublier combien j'aime la montagne et sa beauté grandiose. La découvrir silencieusement en raquette ou en ski. Sortir des sentiers battus, admirer un coucher de soleil après une dure montée assise sur un piton à coté de ceux qui ont partager le même effort que vous, l'ambiance des refuges de montagne hors saison quand il n'y a que quelques habitués et des amoureux de la montagne expérimentés.
Les vieux d'ici disent avec un sourire, "tiens l'hiver entier et on en reparle" alors on verra au printemps.

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03 décembre 2009

Le calme, élément de cohérence?

Il y a des moments ou je sais pourquoi je ne parle de ma maladie que sur ce blog ou à quelques persopnnes triés sur le volet. Un article intitulé Crime antisémite ou geste démentiel ? La justice examine le meurtre d'un DJ m'a fait revenir vers cet espace. En gros, l'avocat de la famille du défunt explique que l'auteur ne peut être que responsable puisqu'il était souriant et calme durant sa garde à vue.

L'argument peut paraître logique mais fait surtout montre d'une incompréhension totale de la schyzophrénie. Moi aussi il m'arrive d'entre des voix quand je vais mal. Et pourtant, il m'arrive d'avoir des moments de calme et même de sourire dans ces moments là. Parce qu'à ce moment précis, le voix me raconte une blague, me chante une chanson douce ou me fait des compliments. Dans l'esprit de beaucoup de gens, une voix est forcément terrifiante, mauvaise, insultante bref une vraie belle mère. De mon expérience certes limité et unique mais tout de même existante, elle est beaucoup plus complexe. Parfois elle cajole, d'autre fois elle menace. Je ne connaît ni cette affaire ni l'un de ses protagoniste, mais si l'auteur pensait qu'il fallait tuer quelqu'un pour que lui puisse revivre, il n'y a rien d'étonnant à ce que son passage à l'acte l'est calmé. C'est même l'un des "trucs" que ma mère utilise depuis longtemps avec moi quand je vais mal. Elle cherche le clash et puis après ça va mieux. Ca ne veut pas dire qu'il n'est pas nécessaire de revoir le traitement en parralèle mais juste que ca permet un soulagement partiel et plus ou moins durable. C'est sur le fond assez comparable à une enguelade. Des fois ça soulage tellement que le monde devient tout rose après. Mais c'est pas pour ça que la raison de l'engeulade change. Pour aller plus loin, j'ai aussi vu en stage, des gens d'un calme olympien pourtant persuader qu'ils étaient le nouveau messie voire Dieu lui même. Au contraire, je me souvient d'un homme assez agé, schyzophrène jusqu'au bout des ongles. Un jour que je le prennait en cahrge, il m'avait expliquer qu'étant Dieu, il était le monde. Alors,il essayait le plus possible d'être calme parce que déjà que ses battements de coeur provoquaient des tremeblements de terres, alors je vous dit pas quand il s'énervait. Il était persuader que sa dernière colère datait de 1933 et qua ça avait créer Hitler et le parti nazi. Je peux comprendre qu'il reste aussi calme que possible mais c'est pas pour ça que cet homme n'est pas pénalement irresponsable...

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22 novembre 2009

Le tricot

J'expérimente depuis peu ce nouveau médiateur. Il est très intéressant à mon sens tant au niveau pratique que symbolique. Le tricot parle de fil qui est noué et qui forme un tissu, un vêtement, une apparence. En filigrane, il y a la vie rêvée, la vie réelle, les relations avec les autres. Nous avons tous l'image de ces femmes qui papotent en tricotant. Et bien je ne sais pas si c'est la valeur symbolique du tricot ou quoi mais mettez deux personnes qui ne savent pas tricoter et apprenez leur à tricoter en même temps et elles se mettent à parler de leur vie, de ce qu'elles auraient voulus faire, de leurs proches.
Le tricot est peu limitant tant au niveau des matières que des couleurs, des formes et des effets. De l'écharpe uni à la robe jacquart en passant par le bonnet rayé, les modèles sont nombreux. Pour ceux dont le budget est limité, les modèles (hors collection en cours) de Bergère de France sont gratuits, de même que les collections Drop (marque de tricot norvégienne). Si vraiment, il manque un modèle, de nombreux blogs peremettent de trouver son bonheur avec une simple recherche.

Avantage :
- Vaste choix de modèles et d'objets à réaliser
- Support invitant à la communication

Inconvénient :
- très marqué féminin (bien que certains hommes tricotent depuis très longtemps)
- rapidement onéreux en fonctions des laines
- risques d'échec (erreur de taille, fils tirés ...)

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