27 juin 2006
Le divin enfant
Il est né, il est tout petit. On dirait une espèce de crevette humaine qu'on aurait oublier de réveiller. Il s'appelle Antoine.
Félicitation à vous. Que votre amour dure et que sa vie soit douce.
P.S. Ceci n'est pas sa date de naissance, vous n'aurez pas son âge, ni de photo. La peur ne se commance pas. Ceci est définitivement la dernière note de cette catégorie.
A toi, et moi
Comme la vie est bizarre parfois. Soudainement il suffit d'un regard pour que tout s'ouvre. Dans ces bras, tout me semble naturel. A ses cotés, je sais que je suis à ma place. Dans ses yeux, je sais ce que je suis. L'apaisement, l'aboutissement d'une errance. Non, mais le goût du risque. S'engager, voilà ce que je découvre. Ne pas rester à la surface mais s'engager. Aimer, brûler d'une flamme intense simplement en le voyant. Ressentir son absence, mais pas comme une plaie. Savoir qu'il est là quelque part et qu'il pense à moi suffit à me rassurer. Voir son numéro s'afficher sur mon écran suffit à me transporter ailleurs. Je l'aime, il m'aime et tout semble naturel.
Une découverte intéressante : personne n'a de place dans ce monde. Chercher ou l'on doit être est une utopie. Il suffit juste de se poser et de décider qu'ici est sa place. Peu importe d'où l'on vient et où l'on va. Le décalage n'existe quand dans la tête de ceux qui ont peur. Et lorsque je le regarde, la peur s'envole. Reste l'envie. L'envie de construire. L'envie d'être à ses cotés.
Comme l'aboutissement de ses trois années. Finalement peu importe le diplôme. Peu importe les souffrances et les remarques acerbes. Mon passage dans cette école m'aura été bénéfique. D'abord il y a eu le Pr. V., puis sont venu Pierre et ses collègues suivi un an après de Delphine, Carine et Florence qui les premières m'ont dit que je pouvais être ergothérapeute.
Et en quelque mois tout s'est précipité. Ils sont venu Mathilde, Renée, et les autres. Ils m'ont montré que j'étais vivante, que j'étais adulte. Et maintenant je les croit. Pour une fois quand je les écoute, quand je leur parle, quand je les regarde, c'est moi que je voit. S'engager n'est pas compliquer. Il suffit de sauter le pas. Je l'ai franchi, je ne le regrette pas. Il me suffit de le regarder, il me suffit de leur parler, il me suffit de les suivre pour le savoir. Ici est ma place. Je suis ce que je suis et je suis quelqu'un de bien.
04 juin 2006
Amour e(s)t avenir
Le manque d'envie est flagrant en ce moment. La seule chose dont j'ai envie est d'être avec lui. Sentir ses bras qui m'entoure pendant que je révise (un peu). Rire et jouer. Me faire battre inexorablement sur la console ou je suis définitivement nulle. Rire avec lui et simplement savoir qu'il est là. Je redécouvre ce plaisir depuis si longtemps oublier, celui d'être avec une personne que j'aime. Tout à ses cotés me paraît naturel, rien de forcer non. Juste se sentir à sa place sans vraiment savoir pourquoi.
Je m'émancipe complètement. J'ai l'impression d'avoir complètement abandonner l'ergothérapie. Je n'ai pas mis les pieds à l'école depuis deux semaines et pourtant, cela ne me manque pas. Ma place n'est plus la-bas. J'ai d'autres préoccupations maintenant même si je n'ai encore reçu aucune réponse concernant mes inscriptions en master. Et pourtant au loin il y a une inquiétude. Et si tous était négatif, que ferais-je?
Travailler en tant qu'ergothérapeute? Je ne m'y sent pas prête et j'ai bien peur que je ne m'y sente jamais prête car en réalité ce métier ne me plaît pas plus que cela. Et pour les esprits critiques, je n'ai pas perdu trois ans. Quand je regarde la personne que j'étais quand je suis rentrer dans cette école et que je regarde celle que je suis aujourd'hui, je ne me reconnaît pas. Ces années à l'école m'ont profondément changé. Ma plus grande peur à l'époque était de devoir parler de moi et de ce que je ressentait. J'étais comme une huître à marée basse et qui sent que la marée ne remontera pas de si tôt. Et puis il y a eu le Pr V. et ces questions qui me touchaient au plus profond de moi. Jusqu'au jour où j'ai oser l'aborder et où tout naturellement, il m'a donner son numéro de téléphone. Ce numéro qui fut ma bouée pendant ces trois ans. Combien de fois l'ai-je appeler en pleur ou terrorisée. Je serais bien incapable de compter. Et toujours, il a pris le temps de m'écouter, le temps de comprendre mais aussi le temps de me laisser trouver les réponses par moi même. Je crois que je lui doit beaucoup plus qu'à n'importe quel autre. Je lui doit surtout d'avoir compris que je ne devais rien à personne. Ce n'est pas parce que la vie m'a donner une chance que je dois passer mon temps à rembourser ce que les autres n'ont pas eu. Bien au contraire. Ce n'est pas parce que je suis suis pathologiquement handicapé mais physiquement bien que je n'ai pas de place. Je suis ce que je suis et je n'ai pas besoin d'être ergothérapeute pour réparer ceux qui n'ont pas eu ma chance pour m'épanouir. Le désir de réparation à ses limites et le Pr. V. m'a montré qu'elles étaient franchies depuis bien longtemps.
Maintenant, je veux prendre le temps de vivre. Tout simplement. Je sais ce que je veux faire et ce n'est pas ergothérapeute même i cela peut sembler illogique. Je n'ai pas besoin de prouver qu'une psychotique peut l'être, d'autres l'ont déjà fait avant moi. Je n'ai pas besoin de prouver qu'un handicapé peut l'être, d'autre l'ont fait aussi. Je n'ai pas besoin de prouver quoi que ce soit. Je me sent exister plus que jamais. Je n'ai pas besoin de me sentir utile en me levant le matin, j'ai juste besoin de me sentir vivante. Le plus grand plaisir dans ma journée est de faire ce que j'ai envie et de suivre mes choix. Etre logique avec moi même est la chose qui me semble la plus importante au monde. Et mes choix sont désormais politique et engagée. Je ne me contente plus de râler et de remarquer, j'ai décider de militer. Changer les choses, voilà ce qui me pousse à me lever le matin. Vivre dans une société qui me plaît voilà ma motivation.
Alors bonne chance à tous les ergothérapeutes et sans rancunes. Vous êtes des gens formidables qui faites un métier extraordinaire et extrêmement utile à toutes les personnes handicapés. Mais moi, je n'en ai pas envie. Sauver le monde et sauver les gens n'est pas ma vocation. Bonne chance à vous et puissiez vous être heureux. Moi je le suis et je sais qu'être ergothérapeute m'ennuiera profondément. Nos chemins se séparent ici, si jamais ils ont converger un jour.