31 octobre 2006
Elisons...
Depuis que j'ai choisi une certaine forme d'engagement, je suis assez surprise de ce que je découvre. En réalité les étudiants sont loin d'être égaux entre eux. L'université c'est un peu la jungle et c'est surtout un système extrêmement pyramidal.
A la pointe, il y a le président. Il a à peu près tous les pouvoirs et c'est donc un poste très convoité. Pour l'obtenir, il y a une élection et rarement un candidat unique. La campagne est à l'image du lieu. A moitié sur le fond et à moitié sur la forme. Le choix du vote est donc à la fois un choix stratégique et une promesse d'une parcelle de pouvoir pour le camps des vainqueurs. L'élection du président concerne donc l'ensemble de l'université à l'exception de ceux qui n'ont aucun pouvoir et aucun espoir d'en avoir : les étudiants lambda.
Justement intéressons nous à l'autre extrémité de la pyramide. Les étudiants lambda sont certainement les plus nombreux au sein de l'université. Ils n'ont qu'une seule chose : leur carte d'étudiants. Ni affiliation à une association étudiante, ni rôle particulier au sein de l'université. Ils sont les consommateurs, ceux qui restent anonyme, ceux que les administratifs baladent d'un service à l'autre, ceux qui obtiennent les plus mauvais emploi du temps, les plus mauvaises options, les plus mauvais TD, les mauvaises filières, qui cumulent problèmes administratifs et voir carrément pédagogiques (notes perdus et autres matières non validés). Bref se sont les plus malheureux et les plus perdus.
Juste au dessus, il y a toute une frange d'étudiants qui bénéficient de soutiens divers et variés. Il y a deux catégories parmi eux qui se recoupent parfois. Il y a les « fils de » qui connaissent les ficelles pour obtenir mieux que le vulgum pecun par transmission filiales du savoir. Et de l'autre cotés, il y a les « affiliés », ceux qui se sont choisis, en connaissance de cause ou non, une organisation protectrice. Toute n'ont pas le même pouvoir. L'idéale étant une organisation qui possède un ou plusieurs élus dans les « conseils centraux », c'est à dire le conseil d'administration ou le conseil des études et de la vie universitaire (respectivement CA et CEVU). Ces élus ont une importance fondamentale pour le pouvoir d'une organisation. En effet, les élus professeurs ou administratifs courtisent ces élus car ce sont eux qui font la différence au final dans les votes, car ce sont les seuls à ne pas être figés dans l'optique d'une meilleure carrière. Les votes sont bien surs « acheter » à coups d'inscription d'ami, de meilleures emploi du temps, de locaux, d'affiches ou divers autres « services ». Il est évident que plus l'enjeu du vote est important plus les gains sont proportionnés. Dans le cas de l'élection du président évoqué plus haut, il devient crucial. Miser sur le bon cheval peux transformer des dizaines de difficiles négociations au cas par cas par un simple « Bonjour c'est nous. ». Le hic, c'est que l'inverse est tout aussi vrai et bien plus problématique. Ceci explique certainement l'effervescence et les très longues heures de dissertations au sein des états majors de ces organisations. Le tout étant bien évidement de s'assurer que le candidat choisit aura intérêt à tenir ses promesses.
Je déteste cet état de fait. Etre courtiser, le savoir et en profiter. J'assume mal de le faire. Mais simplement, il y a une réalité. Aider les étudiants nécessite une parcelle de pouvoir. Et il ne s'obtient que par la stratégie. Je l'imaginait mal en m'engageant. Je croyais en la justice, en la pureté des intentions et des moyens. Mais dans le monde réel, le pouvoir vient au pouvoir et finalement être utile c'est aussi avoir du pouvoir. Alors même si je n'apprécie pas forcément la situation, je le fait. Parce que tant qu'il y aura des étudiants qui galèrent, il y aura besoin d'autres étudiants qui ont une microparcelle de pouvoir.