06 mars 2007
ConPassion
A chaque décès, la même question entétante. Comment parler et pour dire quoi?
Oui évidement que sa mort me touche. Oui évidement que je suis triste. Oui évidement qu'il va me manquer. Oui évidement que je ne sait pas quoi faire?
Mais que répondre? Je voudrais hurler, je voudrais pleurer mais je voudrais surtout que le téléphone sonne et que quelqu'un, n'importe qui, me dise qu'il y a eu une erreure, que c'est son voisin qui est mort et pas lui, qu'ils sont désolé, que c'est une énorme méprise. Mais il ne sonne pas.
Alors, je fais comme si de rien n'était. Je vais en cours, je fais ce que j'avais prévu avant, je vais prendre mon café à la machine avec mes autres comme à tous les cours, je parle présidentiel comme souvent. Mais il y a une chose qui diffère. Aujourd'hui si je surveille mon téléphone, c'est parce que j'attend une date, celle de son enterrement. Il est certain que j'irai, la question ne se pose même pas. Il pourrait y avoir une bombe nucléaire sur Paris que j'irai quand même. Parce que c'est lui l'homme que j'admire le plus. Parce qu'il a eu ce courage, celui de résister, de metre sa vie en danger pour des gens qu"il ne connaissait pas. Parce qu'il a eu aussi cette dignité de se battre contre les lynchages quel qu'ai été le crime commis. Parce qu'il a cette humilité de toujours refuser le titre de héros. Parce qu'il a eu cette simplicité de me raconter sa vie comme une récompense pour avoir trouver "sa" voix. Parce qu'il lui a toujours suffit d'un regard pour me faire entendre sa fierté. Parce qu'il n'a jamais cru au déterminisme qu'il soit social, médical ou scolaire. Parce que dans ma vie, il a pris la place de ce grand père parti trop tôt. Parce qu'il m'a permis de prendre cette route sans douter. Parce qu'il me suffira de penser à lui pour savoir quoi faire. Parce qu'il me suffira de vouloir l'imiter pour être dans le bon chemin. Parce qu'il est mon modèle et que ça ne s'explique pas.
Je surprend parce que je fais dans l'humour parce que c'est le seul moyen d'expression que je maitrise encore quand l'émotion devient intense. Je surprend parce que je n'ai jamais été aussi efficace qu'aujourd'hui. Je surprend parce qu'au delà des mots, il reste les actes. Parce que le monde ne se résume pas à une seule vie. Parce qu'il n'aurait pas supporter que pour lui, je m'arrête. Parce que ce billet est déjà bien plus qu'il n'en aurait supporter.
Et parce que de toute façon, je ne sait toujours pas quoi répondre... si ce n'est quelque banalité
05 mars 2007
Retour en ouverure
Il y a bien longtemps que je n'ai plus écrit ici. Peut-être parce qu'il me semble aussi qu'il y a bien longtemps que je ne suis plus étudiante ergothérapeute. Mais il y a quelques temps, j'ai suivi avec intérêt une mobilisation des mes ex-condisciple. J'y serait certainement aller si je n'avait pas eu d'autres impératifs. Peut-être que c'est mieux ainsi parce que je me serait certainement énervé sur cette position que je ne partage pas.
Mais d'un autre coté, je suis fière et contente que les ergothérapeutes se mobilisent enfin. Même si ce n'est pas dans les cadres et avec les armes que j'aurai souhaité, c'est déjà un premier pas et dans ce genre de situation, le premier pas est souvent le plus difficile. Mais si le premier est fait, c'est le nombre et la force des suivants qui compte. Parce qu'un coups de tonnerre dans un ciel grisâtre n'annonce pas forcément un orage, il faut encore que le déluge s'abatte.
Alors pour une fois, ce lieu sera tourné vers l'extérieur, vers le mouvement des étudiants ergothérapeutes sans que j'y participe. Alors à ceux qui ne me trouverait pas objective dans mes considérations je ne répondrait qu'une seule chose. Ce blog à toujours été un espace personnel et les positions qui y sont prises n'engagent que leurs auteurs et je n'ai pas la prétention d'être représentative d'autre chose que de moi même.