Une psychotique chez les névrosés

Vous êtes vous déjà demander ce que vivait les fous dans un monde qui ne leur ressemble pas. Alors bienvenue dans mes délires et mes souvenirs. Et parce que parfois, les fous passent inaperçus et ont un métier, ils leur arrivent d'avoir un point de vue su

12 octobre 2009

De Venir

Il y a longtemps, j'évoquais mon impossibilité au sortir de l'école d'être ergothérapeute. Je pensait ne jamais y arriver.
Mais la vie est souvent imprévisible. Durant la seconde partie de mes études, j'ai eu besoin d'argent et donc de travailler. Malgré mon diplôme d'ergothérapeute, j'ai continué à utiliser les emplois traditionnels des étudiants (chaîne de restauration, caissier, femme de ménage, ...) et puis un jour, sans que je puisse l'expliquer, j'ai décider de prendre un poste d'ergothérapeute en gériatrie. J'ai répondu à une annonce unique et j'ai du faire le pire entretien d'embauche de ma vie, comme si je ne souhaitais pas complètement être ergothérapeute. Mais étant la seule postulante, j'ai eu ce poste au sein d'une petite équipe d'ergothérapeute. Mais dès mon premier jour, la transition était fini. J'ai été rapidement apprécié. Et à la fin de mon contrat, j'ai eu la surprise de me voir proposer une prolongation définitive. Mais j'ai choisi de partir. Depuis je travail en temps qu'ergothérapeute à gauche à droite mais toujours en gériatrie. Actuellement, je suis dans une maison de retraite d'une centaine de lit pour encore quelques mois.
Mon epxérience m'a appris une chose. Savoir être ne s'apprend pas. Ca vient ou pas. Parfois c'est naturel, d'autre fois, ça vient durant les études ou plus tard. Il suffit juste de comprendre la différence entre accompagner, soigner et réparer. Je ne sait toujours pas soigner et je ne le saurais probablement jamais. Mais le métier d'ergothérapeute est vaste et de nombreux postes mettent en avant l'accompagnement alors maitenant je suis ergothérapeute.

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02 mars 2006

Les salles dattente

Il existe quelque chose dans un hôpital qui bien construit peu tout changer. Il s’agit des salles d’attentes. Dans ces lieux se cristallisent toutes les angoisses, toutes les peines. Impersonnel, elles les accentue et replient chacun sur ces problèmes. Chaleureuses et conviviales, elles invitent aux dialogues. Faire passer l’espoir, faire tomber les fausses représentations. Les meilleurs professeurs dans ce domaine sont les patients eux même. Parce qu’ils arrivent avec leur mot, sans la technique à parler et à montrer ce qu’un médecin intellectualise. J’ai été très surprise durant ce stage de voir des gens arrivés, perclus d’angoisse, indécis voire opposant tels les victimes de ce monde médical hostiles, repartir détendu et heureux. Et pourtant, ils avaient signés ce qu’ils considéraient quelques heures plus tôt comme l’horreur absolue. Cette osmose si particulière qui se crée dans certaines salles d’attentes est impressionnante. Encouragé par l’équipe médicale, elle devient un lieu d’échange sans tabou et sans crainte. Ils nous apprennent la vie, les détails qu’on oublie et que tout est possible. Ils permettent de créer un futur, de ne pas rester avec cet enfant malade mais de voir qu’il pourra être un jour adolescent et adulte. Comme tous les autres. Un coup de peinture, quelques chaises bien disposés et un peu d’aide avec ou sans blouse et tout change. Permettre à la salle d’attente d’être autre chose qu’un lieu de passage et d’attente, voilà ce qui change vraiment une équipe médicale et son efficacité.

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09 février 2006

Touché et envollé

Tara, deux ans et demi, maldie des os de verre. Amed, cinq ans, gravement brulé au visage, au main et au torse dans l’incendie qui tua son père, sa mère et son frère. Camille, dix ans, a le sida et a chopper une saloperie qui lui a rongé les pieds et les mains. Naomie, sept ans, tétraplégique  après être tombé du septième étage. Antoine, sept ans, atteint d’une dystrophie musculaire non identifié. Tara, dix sept ans, brulé aux mains et au visage pour avoir refusé un mariage et rejeté par sa famille.

Des prénoms, des âges, des pathologies et toujours des histoires qui me touchent. D’après les ergothérapeutes, j’ai un bon relationnel avec les enfants. Certainement à cause de ça. J’ai envie de leur montrer qu’ils peuvent être ce qu’ils veulent et pas seulement des corps qu’on manipule. J’ai envie de le laisser rêver, de les aider à être. J’ai mis du temps, trop de temps, à comprendre que j’était quelqu’un et pas seulement une pathologie et une histoire. Et c’est ce que je veux leur transmettre. Quelques soit leur rêve, quelque soit leurs envies, la seule chose qui les brides, c’est leur propre crainte. Je ne dis pas qu’un tétraplégique va se remettre à marcher. Mais simplement que s’il veut être ingénieur en aéronotique, il peut. Pourquoi se contenter d’être chez soi. Enfants malades, enfants bien portants, même chance d’avenir radieux. Alors juste un petit coups de pouce du destin pour qu’il le comprenne avant d’être détruit.

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10 janvier 2006

Les enfants

Les enfants à l'hôpital, c'est un enfer. Je vais pas me plaindre, les notre, ils courent ( enfin ils roulent le plus souvent) partout. c'est les spécialistes du fonçage dans les murs et des virages mal négocier. Il faut dire que la plupart ne sont pas des "chroniques". Ils sont la parce qu'ils sont tomber en vélo, en roller, dans l'escalier, dutroitoire et que sais je encore. Le résultat c'est que pour eux, être dans un fauteuil, c'est rigolo et puis ça va pas durer. Alors ils font les cons à longueur de journée. Résultat, les fauteuils et les murs sont détruits. Mais ils sont attachants; On leur court un peu après mais au moins, ça reste des enfants.

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31 octobre 2005

Le retour

Promis depuis quelque temps déjà, voici enfin l'heure de mon retour et aussi l'heure du bilan de ces deux mois. Coté relationnel pas grand chose de nouveau. Coté appréciation non plus. Coté stage, j'ai vu mieux et j'ai entendu pire. Bref rien de nouveau sous le soleil de l'ergothérapie. J'apprécie d'être de nouveau chez moi, d'avoir Internet à volonté et d'avoir fini ce stage.

Sur le stage en lui-même, je regrette un peu d'y avoir été. Je connaissait les infirmiers psychotique, et bien maintenant j'ai découvert les ergothérapuetes hystériques. C'est pas la joie au quotidien et je sait pas si c'est réellement thérapeutique. Mais remarque pour venir s'enterrer dans un bled pareil, il faut avoir des raisons comme vouloir travailler en psychitrie mais ne pas supporter les patients. A part ça au niveau théorie, elle était doué. Le problème c'est qu'il faut toujours lui faire les compliments qu'elle attend, se taire sur ces défaults et surtout ne rien attendre d'autre que des critiques. Je ne dit pas que j'aime les compliments mais quand même un de temps en temps ça ne fait pas de mal. La version positve, c'est que j'ai découvert des médiateurs que je ne connaissait pas comme la stéatite. C'est d'ailleur comme ça que j'ai décider de creer la rubrique "médiateur et matière". Pour que tous ceux que ça interresse puisse avoir une sorte de base de donnée des matériaux et techniques disponibles.

A part ça, je reprend les cours après demain et j'ai pas franchement envie d'y aller.

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01 octobre 2005

Deux vives voix

Un mois l'une à coté de l'autre. Déjà si longtemps trop surement. Je n'ai aucune confiance en elle. C'est la première fois que ça m'arrive. Etre en stage et ne pas pouvopir parler à son référent est une horreur. Pour lui dire quoi de toute façon. Elle ne peux pas m'aider, elle est trop frapper elle même. Est ce que travailler en psychiatrie rend fou ou faut-il y être pour postuler. Je n'en sait rien. Je ne veux pas y réfélchir. Mais la réalité me rattrape. Moi qui était heureuse de revenir en stage, je comprend tout d'un coups le désaroi et l'agressivité de certains face à leur terrain de stage.

Elle est complètement à coté de la plkaque. Elle est à l'écoute d'elle même et ne m'écoute pas. Elle me dit de faire comme je le sent mais me critique et n'écoute aucune de mes justifications. Est ce moi qui suis trop rigide, ets ce que j'aime le conflit. Trop d'interrogation, si peu de réponse. La nuit est épuisante et la journée un vrai cauchemard. Et lke pire dans tout cela; c'est que pour elle, il n'y a aucun problème. Elle pense que le stage se passe bien et même audelà de ses espérances par rapport aux échos qu'elle avait eu par l'école.

Parler de qui, parler de quoi. Tout pour ne pas dire ce qui ne va pas. De toute façon, il est trop tard. Appeller la chimie au secours ne résoudra rien. Mal de tête et symptôme sont tous lié. Si seulement, je pouvais la forcer à écouter. Mais tous les appels que mon inconscient lui lance ne lui parvienne pas. ma voix doit s'éteindre. Encore une nuit, encore un esprit. La umière pour combattre, la musique pour assourdir. La voisine qui craque, pourvu qu'elle tienne encore trois semaines.

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30 septembre 2005

Embrasement

Psychotique voudrait s'enfuir. Psychotique perd pied. Elle voudrait le dire, le crier, le hurler, l'exprimer mais elle ne peut pas. Psychotique sent qu'elle se dissocie, elle ne dort plus la nuit, elle entend des bruits qui n'existent pas et les esprits reviennent dans les angles. Elle sait que tout cela n'existe pas mais quelque chose la fait douter. Sa tête se vide. Elle a peur, elle est terrorisée, elle va éclater. A qui le dire, comment le dire? "Au secours, je devient folle" suffit-il? Une bouteille à la mer, un message sur un blog, une lumière dans la nuit, un repli dans son lit... Une terreur indicible de celle que l'on appelle Folie. J'ai peur, j'ai froid, j'ai tellement mal. Pas de solutions nulle part, juste des compromis bancals. Plus d'espoir, juste des obligations. Rester et faire croire, partir et lâcher prise, sombrer et disparaître, abandonner sans combattre, vaincre mais qui? J'en ai marre, j'en ai tellement marre. Courir pour me vider la tête, se tuer physiquement pour changer de douleurs. Je disparais, je m'efface, je me vide, à peine une trace, un lieu secret. Hurler qui on est quand on n’a pas d'identité. Pourrez vous me pardonnez?

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18 septembre 2005

Chronique, des chroniques...

La plus grande question de la psychiatrie est certainement la chronisisation de certain patients. La question c'était déjà poser à mon dernier stage en psychiatrie mais là, l'ampleur du phénomène est différente. Je travaille en USPP (Unité de Soin Psychiatrique Prolongé) autreement dit dans un mouroir pour psychotique. On y trouve de tout : des épiliptiques avec troubles du comportement, des autistes violents, des schyzophrène chimiorésistant, des psychoqe hallucinatoire chronique de la même veine, des déments en attente de placement en maison de retraite ou qui à la base rentrait dans les catégories précédentes. La listes n'est évidement pas exaustive. En fait tous les patients qui n'ont pas de place ailleurs et qui présente peu ou prou un trouble de nature psychiatrique sont placés ici. Comme dans tous les services de long séjours, la question de l'usure de l'équipe est centrale. D'abort parce que les seuls têtes qui changent sont les nouvelles recrues et aussi parce que les conditions de travail sont pas réellement valorisante.

Commençont par le problème du renouvellement. Dans un service de court et moyen séjour, les patients restent moins de trois mois. Même s'ils sont chiants, énervants, revenidicatifs, exigeants voire  épuisants, ils vont sortir. Au pire ils passeront en service de long séjour mais ils vont forcément sortir dans un laps de temps finalement assez envisageable. Dans un service de long séjour, les patients ne sortent pas. Ils dévèdent sur place et générallement, ceux qui n'ont pas de familles finnissent trois cen,t mètres plus loin ce qui dit radicallement leur changer la vie. La durée moyenne de séjour n,e s'applique pas de ce type de service. Je prend en charge un patient qui est entré à 21 ans dans le service et qui en a 98. Fait la soustraction et vous verrez qu'on arrive à des vie entières. Imaginés combien d'équipes ce patients a vu passer. Même s'il était sympathique, les mises à la retraite, les mutations et les changements de service ont du faire défiller devant lui une liste incroyable de soignants. Imaginez que vous vivez avec quelqu'un dont les défauts et les conduites vous énervent. Classiquement, vous le virez ou vous déménagez. Mais là, ce n'est pas possible. Les patients ne vont pas partir et les soignants ont pour la plupart une famille qui complique le changement de service. L'hôpital est en rase campagne et il n'y a pas d'autres employeurs médical à quatre vingt kilomètres à la ronde. Résultat des gens qui ne se supportent plus contiue de vivre ensemble.

Travailler avec des gens ayant des troubles du comportements est très fatigant. C'est une réalité qui ne peut être négligé. Entre ceux qui doivent être constament surveillé pour qu'il ne se blesse pas, ceux qui ne tienne pas en place et ceux qui sont violent, le vie du service n'est pas aisée. Simplement, ce que je remarque c'est qu'en fonction des personnes qui sont là, on sait si ça va être calme ou pas. C'est stupides mais les patients sont plus calme quand il n'ont pas peur ou que la réponse à leur violence n'est pas de la violence. La maltraitance est une réalité, le manque de perspective aussi. Il ne faut pas oublier que les infirmiers et les aides soignants sont formés dans l'optique du soin. Elles sont là pour soigner, ce qui signifie guérit, faire évoluer vers le mieux-être ou la guérison. Mais là où est donc cette optique. Les objectifs médicaux pour bon nombres de patients sont de le garder à peu près en sécurité jusqu'à sa mort. Pas de maintient des acquis comme dans une maison de retraite, ils sont beaucoups trop délirant pour cela. Parler avec eux est souvent impossible à cause du délire. Ils ne nous comprennent et on ne les comprent pas. Alors ils sont garder en attendant qu'ils meurent. Tous le service est centrée sur une tentative d'amélioration des ocnditions de travail des soigants, résultat, les patients en souffrent et sont agressif. Et la qualité de travail des soignats baissent encore. Il n'y a pas assez de travail pour tout le monde et pourtant en cas de crise, il y a trop peu de soignats. Les initiatives et les activités sont rares voire jugés inutiles. Il y a temps à faire et si peu d'espoir...

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29 août 2005

Rémi, tout simplement

Rémi a dix sept ans. Il aime les filles, le ciné et la musique. Un adolescent normal quoi. Pas tout à fait. Il y a un an, Rémi a voulu plonger d’une falaise avec ses copains. Trop de hauteur, pas assez de fond. Il fut le premier et le dernier à sauter.

 

Aujourd’hui Rémi est heureux. Il vient de réussir un gâteau dont la recette comporte des œufs en neige. Il y a passé sa matinée. Il me dit qu’il n’y a pas si longtemps, l’adjectif qu’il aurait utiliser pour caractériser ce qu’il est aurait été « pathétique ». Maintenant, il préfère « vivant ». Il y a un an, si on lui avait dit qu’il ne pourrait plus se lever seul, se laver seul, qu’il serait dans un fauteuil roulant, il aurait répondu que ça n’arriverait pas parce qu’il se serait suicider. C’était il y a un an. Aujourd’hui, il est tétraplégique haut. Mais il ne s’est pas suicider. Bien sûr, il a perdu nombre de ses anciens amis. Bien sûr, il a perdu certaines capacités. Bien sûr, il a perdu un avenir qu’il croyait tout tracé.

 

Il est handicapé. Il est vivant. Il s’en fout. Il aimerait mais en fait non. Bien sûr qu’il regrette sa vie d’avant. Bien sûr qu’il regrette d’avoir plonger du haut de cette falaise. Mais il s’est adapté. A-t-il le choix ? Pas vraiment. La seule chose qui lui importe c’est de pouvoir en faire plus. Son objectif personnel : pouvoir passer dans un fauteuil roulant manuel. Parce que le fauteuil électrique, c’est moins fatiguant mais ça passe pas partout, c’est grand, lourd et imposant. Alors pour ça, il se bat. Et il passe une matinée entière à faire un gâteau à la con qui prend une demi heure à faire.

 

Hier, sans complexe, il m’a battu à Star Wars Racer. Demain, il me promet de me mettre la patée aux dames et aux fléchettes. C’est comme cela qu’il tient ? Non pas vraiment. S’il ne s’effondre pas en larme tous les matins, c’est qu’il l’a déjà fait. Maintenant, il a accepté. Il est vivant, c’est tout ce qui compte ; il a comprit cela même si ça a été dans la douleur. Il a échangé un avenir contre un autre. Il voulait être ingénieur dans l’aéronautique, il sera ingénieur dans la robotique. L’année prochaine, il me promet qu’il sera dans un grand lycée parisien faire ses classes préparatoires. Il me glisse avec un clin d’œil, qu’il y a mit un an de plus mais que lui, il saura pourquoi il est là. Rémi est un élève de Terminal S comme les autres qui fait sa rentrée vendredi prochain.

 

Mais il n’est pas normal. Il a payé le prix fort pour avoir voulu montrer qu’il n’avait pas peur. Il n’est pas le seul. Des Rémi, il y en a cinq actuellement en réanimation deux étages plus haut. Normal, c’est la saison.

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23 août 2005

Quand la musique sonne...

Ceux qui les ont un peu fréquentés vous le diront sûrement. Les plateaux de rééducation sont habituellement des lieux pleins de vie. La musique et les rires y sont rarement absent. Ces lieux ressemblent à une ruche bourdonnante. Mais si les patients et les thérapeutes y sont bien, n'est ce pas aussi pour cacher une réalité bien moins reluisante. Le manque d’intimité dans une salle où évoluent quatre à cinq thérapeutes et au moins autant voire trois fois plus de patients est évident pour tout le monde. Mais il n’y a bien souvent pas d’autre choix. La question de l’intimité est vitale pour penser son positionnement et sa relation avec les patients. Cependant si cette question est survolée durant les études ergothérapie, il en est rarement fait mention en kinésithérapie. Il est un état de fait que dans les centres hospitaliers et de rééducation, les kinésithérapeutes ne disposent que d’une seule salle, parfois pour plusieurs services. La question de l’intimité ne se pose même pas. Le seul moment où elle pourrait se poser se situe quand il y a des mobilisations au lit. Mais si la chambre est à plusieurs lits, le problème est réglé avant même de s’être posé.

Est-ce une de mes fameuses diatribes sur les disfonctionnements de l’hôpital ? Non sûrement pas. Les plateaux de rééducations existent à la fois pour des raisons pratiques et historiques. Mais à l’heure de la loi Kouchner et de la profusion des réflexions et des grandes théories sur la dignité du patient, pourquoi ce débat ne ressort-il pas ? Parce que le malaise est dissipé par d’autres moyens. Est ce un bien que les plateaux soient bourdonnants de vie même si certains patients viennent d’échapper à la mort ? Est ce un bien d’enfermer un patient dans une salle pour le confronter à ces échecs ? Est ce un bien que tous constatent ces mêmes échecs ? Est ce un bien qu’un patient se félicitent de pouvoir faire ce que son voisin ne peut pas faire ?

Ce que j’aimerai ce n’est pas que ces questions trouvent des réponses mais qu’elle soit tous simplement posé. Alors si il y a un choix délibéré derrière et pas seulement un état de fait, oui à la promiscuité et à la rigolade en rééducation.

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